Sunday, July 16, 2006

Johnny Cash - At Folsom Prison (1968)





"Hello, I'm Johnny Cash".

Mots simples. Modestes. Pourtant, Dieu sais si Johnny Cash pourrait se vanter de bien des choses. De son statut de Superstar, d'avoir décroché des pillules, dévoreuses de souffrance parce que dévoreuses de toute l'âme .
D'avoir fait partie des pionniers du Rock'n roll. D'avoir vu Elvis enflammer le coeur des jeunes filles en fleur, durant les années 50.
Mais c'est ainsi qu'il rentre, sur la scène de la prison de Folsom.

Les gars du pénitenciers n'ont cessé de lui écrire pour dire à l'Homme en Noir (le surnom de Johnny Cash, car il allait toujours à ses concerts habillé en noir de la tête aux pieds) qu'il les comprenait parfaitement, qu'il comprenait ce qui se passait en leurs coeurs et en leurs âmes - criminels devenus vases vides, hagards, violents et perdus, enfermés là, à attendre n'importe quoi - pour ceux le pouvaient encore - ou à se regarder pourrir pour ceux qui avaient déja tout perdus dans la course à l'existence. Ils regardaient pourrir leurs âmes, dans l'odeur de moisi et de pisse qui amplit la prison. Mais lui, Johnny, connaissait et chantait leur souffrance, et n'arrêtait pas son jugement à des actes passés. Comme le font - et le feront - les gens là-bas, dehors, un "dehors" devenu terre promise, terre d'oxygène et d'air, terre de liberté et de promesses.

Johnny lui, les comprenaient. Alors, un jour, en 1968 (le 13 janvier très exactement, à l'heure où sévissaient dehors les Jefferson Airplanes, Les Doors, Jimi Hendrix...) Johnny est venu rendre visite aux p'tit gars de Folsom.
"Hello I'm Johnny Cash".

Ainsi ce disque retrace ce concert de rock'n roll aux accents country, qui parle de l'Amérique des durs, de l'amérique à la sainte chrétientée - pas celle du pouvoir et de "l'Eglise", mais celle bien plus sainte et plus naïve de la foi simple, la lueur candide et pure, la vraie foi, celle des abbés isolés dans l'amour de Dieu - même si Johnny évidemment n'a rien d'un Abbé, peut être bien plus d'un prêtre - des chansons qui parlent de prisonniers, condamnés à morts, d'amours perdus ou retrouvés ( parfois chantées avec June Carter, sa compagne), de déchirement, de solitude, avec cette voix qui n'a pas encore toute la duretée, tout le roc de celle qu'il aura lors des derniers enregistrements de sa vie - lorsque le temps sous ses vagues persistantes aura usé et éreinté ses cordes vocales, la voix de Dieu, sans aucun doute - mais tout de même amplie déja d'un charactère sur, inhésitant, qui fait qu'on ne peut que croire à ces histoires de types butant leurs femmes après un shoot de cocaine, de condamnés à morts crachant sur le sheriff qui les insulte juste avant la pendaison en publique, des yeux bleus de cette jeune fille qu'on aimait éperduemment et qu'on ne cesse de revoir en tout lieu et en tout instant, et de l'histoire - celle de son public à ce moment là - de ce prisonnier qu'on amène en train à Folsom, car il a flingué un homme à Reno "juste pour le voir mourir" ( violence de l'image, pour une chanson écrite dans les années 50).

Johnny n'hésite pas à plaisanter avec son public, précisant que le concert à été enregistré "in case of hell or shit or anything like that". Et le public de rire, comme il rira lorsque Johnny chantera ses paroles acérées, et limpide comme une balle de Colt tirée quelque part dans un saloon au temps du Far West:

The judge he smiled as he picked up his pen
99 years in the Folsom pen
99 years underneath that ground
I can't forget the day I shot that bad bitch down


Johnny Cash.
Pionnier du Rock'n roll.
Immense Monsieur.

"Hello I'm Johnny Cash"

3 Comments:

At 5:58 AM, Anonymous hooker said...

pourtant, quand il était petit, sa mere lui avait dit de toujours être un bon garçon et de pas jouer avec les armes :p

 
At 6:00 AM, Blogger henode said...

eh ouais, mais il a buté nu mec à Reno juste pour le voir mourir...

 
At 3:00 PM, Blogger mobilemob said...

I like it! Keep up the good work. Thanks for sharing this wonderful site with us.
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