Friday, August 04, 2006

Le Rock

Voila maintenant un an que je n’écoute plus la radio.

A la place au moment ou j'écris ces lignes, c'est le fameux Cheap Thrills du Big Brother & The Holding company qui tourne sur mon ordinateur, groupe qui révéla la grande et magnifique Janis Joplin, Janis la passionnée, qui devenait littéralement tout ce qu'elle chantait,e t l'exprimait avec tout son corps, toute son âme, toute sa vie, toute sa mort, tous ses gestes, et toute son émouvante sensibilité, littéralement habitée par la musique.

Cet album est sorti en 1967, durant un temps ou le Rock'n'roll a été transcendé musicalement par le jazz les Beatles et l'Expérimentation, et spirituellement par la poésie Beat de Ginsberg et le Sur la route de Kerouac, les vagues de contestations contre la guerre, le besoin de révolte d'une génération et...l'Expérimentation.

Nous pouvons tout de même remonter à la naissance même du rock, et à ce fameux jour de 1954 (si je ne dis pas de bêtises) ou Elvis Presley, jeune gamin de la petite ville de Tupelo (Mississipi) enregistre ce qui est le tout premier disque de rock dans l'histoire: That's all right mama, une vielle ballade blues électrifiée en rock'n 'roll "c'était comme si la foudre s'était abattue dans le studio" se souviennent les musiciens de l'époque. Le vieux blues devient flamme, brûlure de vivre, spirale mystique comme dirait l'autre.

Expérimentation.

Expérimentation et feu.

Que dire d'un Gene Vincent qui chante appuyée sur sa jambe armée de métal les yeux plantés au ciel, qui descends aider ses fans dans la fosse, lorsqu'éclate une bagarre avec les flics de la sécurité. Brûlure et feu. Expérimentation.

Expérimentation et poésie, dans le chemin d'un jeune Robert Zimmermann, futur Bob Dylan, qui mariera a merveille le folk de sa gratte sèche à la poésie qui lui est propre "Hey Mr Tambourine Man!", tout en sachant par la suite électriser son oeuvre, provoquant un tollé général de la part de la génération folk qui le suivait comme les apôtres suivent un prêtre, mais lui continuera, toujours aussi poète que musicien (ne peut être que poète que celui qui écrit "Inside the museums, infinity goes up on trial"). Feu et poésie. Expérimentation.

Rimbaud pas très loin.

Rimbaud pas loin de Morrison, poète/shaman, intronisé roi Lézard et roi du rock presque par hasard, qui tentera de se défaire de ses oripeaux en revenant a la barbe du bluesmen, à l'alcool, et a la poésie, à ses carnets de notes perdus pour beaucoup, oubliés dieu sais ou, dieu sais quand, a coté de dieu sais quoi ou dieu sais qui.

Que dire du Velvet Underground, des Reed, Cale Nico et Warhol, en grand mécène de ce rock urbain expérimental, jeté en ce temps la aux ordures, mais qui plusieurs décennies plus tard, retrouvera un statut d'album pionnier du rock amplement mérité. Que dire d'Heroin, Venus in furs, European Son, qui dépassèrent les limites de la simple musique en tant que mélodie.

Expérimentation et feu.

Sans parler de la rage d'un Eric Burdon et de ses Animals chantant Paint in black ou le magnifique When I was Young ("I was so much older than...When I was young"), du psychédélisme d'un Pink Floyd loin du rock progressif mais bien plus proche du psychédélisme (à l') acide du Genie Syd Barett - décédé récemment, paix a son âme - De la diablerie puissante du Sympathy for the Devil des Stones, et des danses de démons de l'encore jeune Mick Jagger bien avant qu'il devienne le semi clown du stade de France (je reste encore sous le choc de ce live des Stones au Hyde park en 69, quelques jours après la mort de Brian Jones), Que dire d'un Hendrix doté du don magnifique de pouvoir faire cracher physiquement et mentalement, sur d'autres plans de perceptions, du FEU à sa guitare électrique, dépassant le stade du guitar hero et de sa technique ennuyeusement infaillible, pour devenir un espèce d'être hybride, qui semble être né avec une guitare entre les mains, guitare qui fait partie de lui, de sa chair , de son être, d'une telle manière qu'il ne semble même plus qu'il aie jamais eu à apprendre à jouer, comme si les heures de travail passé sur son manche n'étaient pas du travail mais une intégration physique, chimique de sa guitare électrique, à l'intèrieur mêm de son corps. Expérimentation.

Que dire encore de la dinguerie magistrale d'un Captain Beefheart, et de ses morceaux déstructurés, puzzles dadaïstes improbables atomisant tout conventionnalisme des mélodies. Expérimentation.

Que dire de Bowie, look Ziggy Stardust, ambivalence affichée, faiseur de géniales mélodie pop , matinées de la présence d'un ailleurs qui laisse dans les yeux et les oreilles comme un doux et mystérieux nuage de mystère. Beauté, et expérimentation.

Nous pourrions continuer longtemps, parlant de l'arrivée Folle d'Iggy Pop et des Stooges, Lançant le premier coup de lame vers la paix et l'amour du psychédélisme a contre courant complet de leur époque, puis des New York Dolls, qui retournèrent à l'esprit des chansons rock de trois minutes, brûlot de l'âme et spirale folle du vivre maintenant; Des Televisions, et de ce fameux son de guitare qui pleure sur Marquee Moon, des Ramones qui envoient tout sens de la vie flamber en deux minutes trente avec une simple musique de crétin, de Patti Smith la poète, et de son rock sorti droit du fin fond des couilles deDieu, de ces deux Dingues Martin Rev et Alan Vega qui formèrent Suicide, des lames de rasoirs lancées a coup de décibels par Johnny Rotten et les Sex Pistols, puis par ce même Johnny Rotten avec sa disco dub mutante de Public Image Limited, tant et tant d'autres noms encore pour allonger la liste, les Siouxsie, Cure, Smiths, Jesus & Mary Chain, Pixies, Jeff Buckley, Portishead Nirvana, Radiohead, Sonic Youth et tant d'autres encore que je dois certainement oublier, qui tous ont eu en commun ce besoin d'expression de leurs états internes - et donc un peu, plus ou moins de leur époque - tout en transcendant les créations musicales de leur temps, en transcendant les habituelles structures, mélodies, paroles du moment, et des intentions développées par une musique, des émotions qu'elles peuvent amener, bref en Saisissant l'auditeur au sens spirituel du Terme.

Voila maintenant un an que je n’écoute plus la radio.

Pourquoi?

Qui sont les artistes pour la plupart "à la mode" de nos jours? Bloc Party, Franz Ferdinand, Strokes, Kaiser Chiefs, Muse, qui pour moi n'amènent aucune forme de nouveauté, aucune forme d'élan nouveau au rock'n'roll, se contentant de prendre une mélodie - pas toujours extraordinaire -, de la décliner à grand coup de couplet refrain couplet refrain boum bam boum bam, et de ne pas développer... ne pas dévelloper quoi? La folie mon cher Watson, la folie , la poésie, la vie surmultipliée, se contentant de faire du rock festif. (au passage, j'ai écouté avant de dire cela les deux albums des Franz Ferdinand, celui de Bloc Party, ainsi que le dernier Muse (possédant déjà Origin of Simmetry et ayant déjà entendu Absolution)

Ce qui n'a en soi rien de dégoûtant, hideux, immonde infect ou dieu sais quoi - et entendons nous bien, je ne parle pas des êtres humains mais uniquement sur le plan musical - certes, donc cela n'a rien d'affreux de vouloir faire "bouger les popotins", non...

Ce qui est dérangeant, c'est que ce genre de mouvement, loin des plus méritoires - je le répète, je ne prétends pas détenir la vérité absolue en matière de musique, parce qu'elle n'existe pas, le bon goût, au bout du compte, ce sont les chemins artistiques et spirituels que chacun à envie d’explorer - ce genre de mouvements donc est LE PLUS MEDIATISE.

Chose que je ne peux comprendre, quand je vois la folie surréaliste et mélancolique de Frog eyes et de Xiu Xiu, quand je vois la magnifique scène de Shoegazing composée entre autre par des groupes comme les Warlocks ou le Brian Jonestown Massacre , et son magnifique leader Anton Newcombe qui possède assez de couilles pour mettre tous les albums du groupes en téléchargement gratuit sur leur site officiel, pour rappeler au monde que l'art et la musique doivent être gratuit pour tous et tout le monde, mais que c'est à tout un chacun de donner à l'artiste de quoi vivre; quand je vois le psychédélisme légèrement grungisée des Lilys, avec leurs magnifiques envolées de guitares étranges et envoutantes...

Certes, il est vrai que trois groupes récents de ma connaissance (Arcade fire, Architecture in Helsinki, Clap your hands say yeah!), font parties intégrante de ma discothèque idéale, tout en ayant bénéficié du syndrome "meilleur groupe du monde". Et d'ailleurs, ces trois groupes me donnent espoirs.

Mais je ne peux comprendre, malgré tout, en ce qui concerne les autres.

Le problème n'est pas la sincérité - tous ceux qui font ce métier l'ont, de la variété jusqu'au death metal, car il est impossible de faire ce métier si on ne crois pas en ce qu'on fait - le problème est dans ce que la musique apporte, le problème est dans la forme de FOLIE, le problème est dans la VIOLENCE EMOTIONELLE DE L'IMPACT POSITIF OU NEGATIF QU'A EU L'EXISTENCE SUR UN ETRE HUMAIN, ET LA MANIERE DONT CET IMPACT EST EXPRIME.

Voila pourquoi je n'écoutes pas la radio, et que je conchies sur la musique - et uniquement sur la musique et sur les membres du groupe en tant que musicien , et non sur les êtres humains - de groupes tels que Muse (même si j'ai écouté Origin of Simmetry au lycée, que j'ai de moins en moins aimé au fil du temps ou j'ai découvert d'autres choses - et les vrais bons groupes sont ceux qu'on écoute toujours quoi qu'il puisse arriver musicalement dans nos oreilles - ) Bloc Party, Franz Ferdinand, etc...

C'est une vision de la musique qui m'est propre et que je n'impose pas même si parfois ma passion me le fait oublier (genre : " Mais en fin c’est comme ça, tu ne peux donc pas comprendre???") ni que j'enferme hypocritement, juste histoire d'avoir mon opinion, derrière un " c'est ma vision des choses et tu as la tienne, et chacun a la sienne, point."

C'est une vision des choses que je cherche à partager, et à apporter à qui veut bien l'entendre, et/ou à en débattre avec qui veut bien en débattre.

A bon entendeur,

Henode.




2 Comments:

At 2:39 PM, Blogger lila* said...

La folie, le feu.
La Lumière.



J'adhère, d'accord.

 
At 5:18 AM, Anonymous zig_dlip_zag@hotmail.com said...

La radio crache à des oreilles affamées, tandis que le Lézard sommeille, fait ses étirements, le poète n'est pas aussi seul qu'il pourrait le croire... Le Feu allume l'espoir, son Expérimentation en fait une Évidence. Merci à toi

 

Post a Comment

<< Home